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dimanche, 5 février 2012

Schizophrénie

Sommaire

Qu'est-ce que la schizophrénie?
Symptôme (manifestations cliniques) de la maladie
Formes de trouble et sous-groupes
Quelle est l'origine du trouble?
Comment soigner ce trouble?
Faits concernant la maladie
Que puis-je faire en tant que proche?
Littérature

Qu'est-ce que la schizophrénie?

Les psychoses schizophréniques font partie des maladies psychiatriques les plus lourdes. Les premières descriptions de troubles schizophréniques datent de l'antiquité et la maladie est connue sous de nombreuses appellations ("aliénation mentale, folie, obsession", etc…). Le psychiatre allemand, Emil Kraepelin, considéré comme l'un des pères du concept de la schizophrénie moderne, a introduit en 1896 le terme général de "démence précoce" pour regrouper les diverses formes de cette maladie et la démarquer de la folie maniaco-dépressive. C'est sur la base de ses propres observations cliniques que le psychiatre suisse Eugen Bleuler est parvenu à la conclusion que toutes les formes de la maladie, de même que leur image psychopathologique, n'ont pas été totalement saisies dans les descriptions de la démence précoce. D'après lui "les troubles les plus élémentaires lui semblaient imputables à une unité déficiente, un morcellement et une fragmentation de la pensée, du ressenti, de la volonté et du sentiment subjectif de la personnalité". Il proposait, en 1911, de désigner ces troubles sous le terme de "groupe des schizophrénies".

Une "psychose" est généralement un état passager au cours duquel la personne concernée perd virtuellement contact avec la réalité. Délire et hallucination sont des signes typiques d'un tel dérangement mental. Par ex. la personne concernée se sent poursuivie, a le sentiment d'être objet de conversation des autres personnes, se sent menacée par son environnement, voit et/ou entend des choses qui n'existent objectivement pas. Si la crise survient de façon très marquée, entraînant une déconnexion complète de la personne concernée par rapport à son rythme de vie, on parle de "psychose aiguë" laquelle décline généralement rapidement  sous l'influence d'un traitement adéquat.

Des psychoses ou signes d'une psychose peuvent se manifester en présence de nombreuses autres maladies, mais aussi en état fortement dépressif ou en un état maniaque couplé d'une susceptibilité maladive et une hyperactivité insensée. Certaines maladies du cerveau telles que tumeurs, inflammations ou certains processus de dégénérescence peuvent provoquer des psychoses tout comme la plupart des drogues consommées actuellement.  A ce propos, la consommation d'alcool peut également induire occasionnellement une psychose. On parle alors de psychose organiquement conditionnée ou induite par la drogue.

Les psychoses se manifestent par des degrés de gravité différents. L'évolution de la maladie est également très fluctuante: on rencontre tout aussi fréquemment une diminution rapide et sans séquelle des manifestations psychotiques ou l'installation d'un état chronique. Par contre, la "schizophrénie" est une psychose présentant un degré de difficulté élevé. Toute personne peut souffrir d'une psychose schizophrénique. Si la maladie est reconnue à temps, les chances d'un traitement efficace s'améliorent. Les jeunes et les jeunes adultes en sont le plus fréquemment atteints.   

Les signes typiques de la schizophrénie sont généralement épisodiques. Aujourd'hui on en parle fréquemment sous le terme de symptômes positifs. Soudainement la personne n'entend plus les voix extérieures qui parlent avec ou de quelqu'un; elle perçoit ses propres pensées ou actions comme si elles étaient commandées de l'extérieur ou encore, elle vit ou enregistre les événements extérieurs comme menace pour sa propre personne. La personne qui tombe dans une telle psychose est convaincue de la réalité de ce qu'elle vit, c'est-à-dire qu'elle ressent sa réalité psychotique comme nous éprouvons notre propre réalité. Cela peut conduire à d'énormes difficultés de communication et provoquer d'autres manifestations cliniques tels que peur et isolement social. A l'heure actuelle on dispose de bons traitements contre les symptômes positifs.

Généralement l'évolution est progressive si bien que les problèmes thérapeutiques surviennent seulement lorsque la personne est atteinte d'une diminution durable de la capacité de réfléchir et de ressentir, associée à une absence de motivation et d'intérêt ainsi qu'à un retrait social. Ces symptômes dits négatifs peuvent avoir une influence très néfaste sur les relations interpersonnelles, handicaper la formation ou la vie professionnelle et, déjà au stade précoce de la maladie, conduire à un isolement social. Les symptômes négatifs ou d'autres symptômes précoces, tels que perturbation de la faculté de réfléchir ou difficulté à se concentrer, qui à première vue ne semblent pas spécifiques et ne peuvent faire penser à une psychose, sont souvent présents des années durant avant la survenance des symptômes positifs. Généralement il s'écoule encore une bonne année depuis l'apparition des premiers symptômes positifs jusqu'à la mise en route d'un traitement adéquat.      

Ci-après la description d'une évolution typique de la maladie qui aurait pu être relatée par une personne concernée (Cet exemple décrit un cas typique mais idéalisé; il n'a aucun lien avec une personne précise.)

Depuis près d'une année Marc, étudiant âgé de 23 ans, s'isole de plus en plus. Il ne quitte presque plus son appartement et lorsqu'il sort, il a l'impression que les gens le regardent d'une manière particulière. Que ce soit dans la rue, le train ou au supermarché, il se sent observé et ne peut ôter de sa tête l'idée que les gens parlent de lui. En fait, il s'approprie tout, si bien que n'importe quel événement apparemment fortuit revêt une signification personnelle pour lui.

Marc a beaucoup de peine à se concentrer durant les cours. Souvent  un véritable désordre se créé dans sa tête. Il lui est très pénible de suivre une seule idée, en plus il a l'impression que le professeur peut lire dans ses pensées. Rétrospectivement, Marc se souvient que tout a commencé très tôt:
"à 15 ou 16 ans, j'ai eu une période où il m'était impossible de me concentrer sur les cours et où je n'avais plus du tout envie de faire un effort quelconque. Mes notes dégringolèrent jusqu'à compromettre ma promotion en classe supérieure. Ma mère m'a alors conduit chez un psychiatre pour enfants et adolescents qui m'a renvoyé à la maison avec le diagnostic "crise de puberté". J'ai passé mon baccalauréat tant bien que mal et, les contacts avec les parents devenant de plus en plus conflictuels, je fus finalement content de partir de la maison pour aller étudier dans une autre ville. Malheureusement, entouré d'étrangers dans une ville qui ne m'était pas familière, ma situation s'est aggravée. Je n'ai pu créer de contacts et suis devenu de plus en plus méfiant".

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Symptôme (manifestations cliniques) de la maladie

Les symptômes de schizophrénie sont tout d'abord saisis par un relevé des observations psychopathologiques. Ils sont ensuite comparés avec le rapport psychopathologique, reflet de l'échantillon individuel des symptômes psychotiques, puis, dans une seconde étape, classés en sous-groupes de la maladie afin de pouvoir poser un diagnostic spécifique.

Peuvent être généralement considérés comme symptômes psychopathologiques: les troubles formels de l'idéation (ordre de pensée), les symptômes de délire (transformation ou distorsion délirante de la réalité), les hallucinations touchant tous les sens (perception), les troubles de la personnalité (le vécu de la personne), les troubles de l'affectivité (sentiments), les troubles de la volonté et de la psychomotricité (mouvement) et les troubles de comportement social et de la stimulation (comportement et réaction envers l'environnement). 

Au début de l'évolution de la maladie on retrouve souvent un syndrome dit prodromique qui constitue un signe avant coureur de la maladie. Cette période se distingue par des signes parfois peu accentués et principalement subjectifs: modification des sentiments avec tendance à la méfiance, humeur dépressive, peur, sauts d'humeur, état de tension, irritabilité, colère, etc… Des modifications de la pensée avec idées bizarres et vagues, difficultés de mémorisation ou de concentration apparaissent également de même que d'éventuelles distorsions de la perception de soi, des autres ou de l'environnement en général. On retrouve aussi des modifications physiques ou de la perception tels qu'insomnies, modification du comportement alimentaire, malaises physiques ou perte d'énergie et de motivation.

Au quotidien le syndrome prodromique se manifeste, par exemple, sous forme de modification de comportement et changement d'habitudes, échec professionnel, baisse de performance, retrait social, troubles de concentration, changement fréquent d'emploi, infractions répétées aux règles, labilité émotionnelle, méfiance, consommation soudaine de drogues et d'alcool, troubles du sommeil, fébrilité, angoisses et craintes, absence générale d'envies, sensibilité accrue à la lumière et au bruit ainsi que d'autres sensations physiques bizarres.

En aide à l'établissement du tableau complet d'une schizophrénie, la CIM-10 (classification internationale des troubles mentaux établie par l'Organisation mondiale de la santé) propose la description des signes et combinaison des signes de maladie suivants:

  1. énonciation de la pensée, inspiration ou vol de la pensée, divulgation de la pensée.
  2. délire de contrôle, délire d'influence, sentiment de grandeur particulièrement ciblé sur les mouvements du corps ou de certains membres ou encore de certaines pensées, activités ou sentiments; délire de la perception;
  3. voix émettant des commentaires ou dialogues entre plusieurs voix parlant du patient et de son comportement, ou encore voix issue d'une autre partie du corps.
  4. délire durable et culturellement inapproprié ou totalement irréaliste (bizarrerie) comme par exemple se prendre pour une personnalité religieuse ou politique, se croire doté d'une force surhumaine ou d'un pouvoir surnaturel (par exemple avoir la maîtrise du climat, ou être en contact avec des extraterrestres).
  5. hallucinations durables de tout mode de perception, accompagnées d'idées délirantes furtives ou vagues sans participation affective marquée ou accompagnées de mégalomanie, survenant quotidiennement durant des semaines et des mois.
  6. désorganisation de la pensée se manifestant par des éclipses ou des surgissements d'idées incongrues ce qui conduit à des distractions, des discours incohérents ou des néologismes.
  7. symptômes de catatonie tels qu'excitation, comportements stéréotypés ou catalepsie (flexibilité cireuse), négativisme, mutisme et stupeur.
  8. symptômes négatifs tels qu'apathie manifeste, appauvrissement de la faculté d'élocution, aplatissement affectif ou inadéquat souvent accompagné de retrait social et de diminution des compétences sociales. Ces symptômes ne doivent pas être induits par une dépression ou une médication neuroleptique.

Le diagnostic de schizophrénie ne peut être posé que si l'on constate nettement la présence quasi constante, durant une période d'un mois ou plus, d'au moins un symptôme (ou deux symptômes moins manifestes, voire plus) énoncé sous les points 1 à 4 ou deux symptômes au moins énoncés sous les points 5 à 8.      

Voici, par exemple, comment reconnaître, au quotidien et dans trois domaines différents, ces signes de maladie:

  1. Pensée: Chez de nombreux patients la pensée semble confuse et les personnes concernées semblent déroutées. En l'écoutant l'interlocuteur externe ne saisit pas le fil de la pensée du patient qui n'arrive pas à organiser logiquement ses propos et à y donner une suite cohérente. Selon les circonstances le patient devient très prolixe. La construction des phrases n'est plus logique et il n'est pas rare que le discours se désagrège, les mots se fragmentent jusqu'à devenir presque incompréhensibles. De manière caractéristique, des phases de pensées et de discours ordonnés alternent avec une communication verbale totalement désagrégée.
  2. Sentiment: L'humeur en tant qu'expression des sentiments peut se manifester très différemment chez les personnes atteintes d'une psychose. Certaines sont plutôt dépressives, se sentent démunies et découragées. Elles n'ont envie de rien, manquent d'énergie et sont incapables d'entreprendre quelque chose, elles semblent oppressées et tristes. D'autres en revanche sont plutôt joyeuses. Cette prétendue bonne humeur apparaît très superficielle, exagérée et débordante. Elle peut être totalement incongrue par rapport au contexte, par ex. rire face à un accident tragique ou en parler en plaisantant. Ce comportement même peut générer de fortes stupeurs chez les personnes affectées. Particulièrement au stade initial de la maladie ces faits anormaux et inconnus peuvent être source d'angoisse. Face à cette situation, l'humeur peut osciller dans l'intervalle de quelques instants entre une hostilité méfiante et une bonne humeur exagérée. Se sont souvent ces changements incompréhensibles qui sont difficiles à admettre et lourds à supporter. 
  3. Perception: Les troubles du raisonnement ou l'interprétation erronée d'évènements, désignés sous le terme de délires, sont fréquents dans les psychoses. Souvent la personne concernée a l'impression d'être suivie et sous l'influence de tiers, ou soumise à leur pouvoir. Autre forme typique de délire: la personne est persuadée que son corps est la proie d'irradiations ou de poisons. Certaines distorsions de pensée sont tout aussi caractéristiques: par ex. hallucinations surgissant sous forme de voix. Bien qu'objectivement elles n'existent pas, la personne concernée entend une (ou des) voix qui la réprimande, l'injurie, la menace ou commente tous ses faits et gestes. Il en est de même pour les apparitions de choses ou de personnes (par ex. le diable) ou les modifications corporelles perçues (par ex. douleurs dans les bras parce que les os se sont remis à pousser).

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Formes de trouble et sous-groupes

Les manifestations cliniques (symptômes ou symptomatique) de la schizophrénie et d'autres pathologies psychotiques sont les plus variées de tous les troubles psychiques. C'est pourquoi une subdivision de la symptomatique complexe revêt une importance primordiale dans le diagnostic de la schizophrénie. Par ailleurs, en raison des différents concepts de la maladie, il est important de développer et de tenter de nouvelles approches. La répartition usuellement pratiquée par la psychiatrie européenne est basée sur la classification telle qu'elle est présentée dans la CIM-10. En plus de la subdivision des schizophrénies en tant que types subsidiaires, il existe une classification précise de toutes les pathologies psychotiques.   

On distingue sommairement les principaux types de maladie suivants:

  1. Schizophrénie paranoïde:
    Il s'agit ici du sous-groupe, parmi les schizophrénies, le plus répandu dans le monde. C'est également la forme qui longtemps a marqué l'image de la maladie. Le tableau clinique est caractérisé par des idées délirantes, éventuellement systématiques, observées sur une relativement longue durée et parfois accompagnées d'expériences hallucinatoires. Bien que possible, l'apparition isolée d'expériences hallucinatoires est relativement rare. D'autres symptômes se manifestent également dans cette forme de schizophrénie, notamment des troubles de pensées formelles, des symptômes négatifs ou catatoniques, mais ces troubles n'apparaissent pas en premier plan de l'image clinique.
  2. Schizophrénie hébéphrène:
    Dans ce sous-groupe ce sont les troubles de l'affectivité qui sont au premier plan. On note d'une part un aplatissement affectif ou une discordance affective et d'autre part, un trouble du comportement ou un trouble de la pensée formelle. On peut éventuellement noter la présence de phénomènes psychotiques mais elle n'est pas dominante dans l'image clinique.
  3. Schizophrénie catatonique:
    L'image clinique doit présenter deux symptômes prédominants de troubles moteurs. En outre, les principaux critères indiquant l'existence d'une schizophrénie doivent être présents (délire, hallucinations, troubles affectifs, etc.). 

Les ouvrages spécialisés présentent une série d'autres maladies psychotiques dont la principale caractéristique est de différencier les maladies aiguës des maladies chroniques.

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Quelle est l'origine du trouble?

Comme pour de nombreuses pathologies physiques et psychiques, une seule cause ne suffit pas à induire des psychoses. Ce sont plutôt plusieurs facteurs favorisant le développement de la maladie qui jouent un rôle. A lui seul, un facteur de risque ne peut pas déclencher la maladie. Par contre, l'interaction de différents facteurs de risque et de protection peut, d'une certaine manière, être inductrice. Ces facteurs peuvent se subdiviser en composantes suivantes:

  1. Vulnérabilité (fragilité): Prédisposition à vivre et à réagir par un comportement psychotique en situation de tension prononcée.
  2. Stress (tension): Etat qui apparaît lorsque la personne se sent dépassée par les exigences dictées par son environnement.
  3. Maîtrise: Acquisition de la capacité à surmonter le stress de manière à réduire considérablement la tension.

Les facteurs génétiques favorisent l'apparition de psychoses. Ce n'est pas surprenant puisque les gènes ont une influence sur l'apparition de toutes les maladies les plus fréquentes (ex. hypertension artérielle, infarctus du myocarde, diabète ou maladie du sucre, voire même les infections). Toutefois les facteurs génétiques ne peuvent jamais justifier totalement l'apparition de ces maladies. On retrouve toujours des éléments inducteurs qui n'ont rien à voir avec la génétique. Ce n'est que par la combinaison des facteurs génétiques et non génétiques qu'une maladie psychotique peut se déclarer. A l'heure actuelle les gènes spécifiques favorisant la maladie ne sont pas connus mais sont l'objet de recherches intensives de nombreuses équipes médicales.  

Au sujet de la relation consommation de cannabis et apparition de pathologies psychotiques il convient de dire que la consommation de drogues peut entraîner un trouble des fonctions de mémorisation et de concentration et, de ce fait, causer des troubles de l'apprentissage. A l'heure actuelle on ne peut affirmer avec certitude que le développement d'une psychose ou d'une schizophrénie peut être causé par la consommation de cannabis, mais plusieurs études démontrent que l'apparition d'une schizophrénie est six fois plus fréquente chez les jeunes consommant régulièrement du cannabis. Etant donné que, plus la psychose apparaît tôt dans la vie du patient, plus son évolution est défavorable, il est à craindre que le cannabis favorise et accélère le processus de déclenchement de la maladie chez les jeunes adultes menacés. De même, la consommation de cannabis agit de manière néfaste sur l'évolution de la maladie, quelque soit son stade.

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Comment soigner ce trouble?

Le traitement préconisé est une thérapie d'intégration tenant compte de manière appropriée des aspects médicaments et psychothérapies, ce qui ne peut généralement être proposé que par une équipe interdisciplinaire. Il est particulièrement souhaitable, lors de la première apparition de la maladie, de prendre en considération un traitement dans un établissement spécialisé.   

La disparition aussi complète que possible des symptômes positifs, la prévention ou la détection précoce ainsi que le traitement des  symptômes d'accompagnement, tels les symptômes négatifs, dépression, manie, symptômes d'angoisse ou attaques de paniques et abus d'alcool ou de drogue, constituent les objectifs du traitement. De  plus, une assistance en vue d'une réinsertion sociale et d'une "récupération" psychosociale est primordiale au même titre que la collaboration avec la famille et les amis, afin d'offrir un soutien et de créer un environnement solide et sûr, base favorable pour la phase de restauration.
 
Les voies pour atteindre ces objectifs consistent à réduire les problèmes d'accès au traitement (rapidité et possibilité) afin de soutenir le développement d'une relation thérapeutique, la prescription d'une médication antipsychotique (neuroleptiques), le développement d'un modèle commun de la maladie, la mise sur pied d'un plan d'intervention de crise, l'octroi d'un soutien à la famille, la favorisation d'une guérison "fonctionnelle", la restauration d'une bonne qualité de vie et l'évitement de comportements improductifs entravant la maîtrise de soi.

Au centre du traitement médicamenteux on trouve les efficaces neuroleptiques qui traitent les symptômes psychotiques (antipsychotiques). On distingue deux catégories de neuroleptiques, les typiques (classiques) et les atypiques. Les neuroleptiques typiques ont un bon effet sur les symptômes psychotiques positifs comme les hallucinations et délires mais sont moins efficaces sur les symptômes négatifs (retrait social, apathie, etc.). Selon le dosage thérapeutique nécessaire, ils peuvent également entraîner des effets secondaires tels des troubles moteurs, salivation ou lactation. Les neuroleptiques atypiques sont souvent plus efficaces pour le traitement des symptômes affectifs, de plus les effets secondaires sur le système moteur est moindre, par contre ils peuvent entraîner la prise de poids et le déclenchement d'un diabète mellitus. En plus des neuroleptiques précités, des neuroleptiques à action prolongée (neuroleptique retard), des antidépresseurs, des tranquillisants (benzodiazépine) et des stabilisateurs d'humeur, peuvent aussi être prescrits.

L'accompagnement psychosocial et le traitement psychothérapeutique constituent le second pilier du traitement de la schizophrénie. Même avec une bonne thérapie médicamenteuse la thérapie psychosociale s'impose. Il existe différents aspects de l'accompagnement psychosocial. La thérapie familiale joue un rôle central, parallèlement la psychoéducation, ou apprendre à connaître la maladie, la thérapie comportementale et la thérapie cognitive ont également un rôle important. 
Une attention particulière doit être vouée à l'entraînement socio-thérapeutique qui englobe la planification de l'intégration professionnelle et l'aide aux conditions de  logement.

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Faits concernant la maladie

  1. Nombre de nouveaux cas recensés chaque année: 0,03 à 0,06% de la population mondiale. Nombre total de cas recensés: 0,3 à 0,5% de la population mondiale; tentatives de suicide 1 à (2)% de la population.
  2. La maladie survient principalement entre l'âge de 20 et 40 ans. Le pic de fréquence chez les hommes se situe entre 15 et 24 ans alors que chez les femmes il se situe entre 25 et 34 ans (2% des cas surviennent dans l'enfance et 20% au-delà de l'âge de 40 ans –schizophrénie tardive)
  3. Bien que la maladie se déclare généralement plus tard, les femmes sont plus fréquemment touchées que les hommes.
  4. Fréquence des psychoses schizophrènes au sein de familles avec personnes atteintes de schizophrénie: parents 5-10%, frères et sœurs 8-15%, enfants 10-15% (50% si le partenaire est schizophrène), petits-enfants 2-5% (parenté au 1er degré charge d'env. 10% contre 1% pour la population générale).
  5. Quota élevé de suicide chez les patients schizophrènes (env. 10%)
  6. Fréquence dans le monde: transculturelle, similitude dans toutes les parties du globe.

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Que puis-je faire en tant que proche?

Si vous constatez, durant une longue période chez l'un de vos proches, des changements qui vous inquiètent, en particulier un isolement social de plus en plus fréquent, une humeur dépressive, une méfiance accrue, une plus grande propension à l'irritation ou un état de tension, ainsi que des troubles de concentration, de mémoire de faculté d'apprentissage, il est conseillé de consulter un spécialiste ou un centre de traitement.

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Littérature

  1. Bäuml, J. Psychosen aus dem schizophrenen Formenkreis - ein Ratgeber für Patienten und Angehörige. Berlin: Springer 1994
  2. Häfner, H. das Rätsel Schizophrenie. Eine Krankheit wird entschlüsselt. München: C.H.Beck 2000.
  3. Kissling, W., Pitschel-Walz, G. (Hrsg.) Mit Schizophrenie leben - Informationen für Patienten und Angehörige. Stuttgart, New York: Schattauer 2003.
  4. Knuf, A., Gartelmann, A. Bevor die Stimmen wieder kommen. Vorsorge und Selbsthilfe bei psychotischen Krisen. Bonn: Psychiatrie-Verlag 1997.

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La dernière actualisation du présent document date du 18 février 2008